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Publié par Claire B

"- Y’a ce moment dans ta vie, tu sais, où tu t’rends compte que tu t’sens plus vraiment chez toi dans la maison où t’as grandi. Du jour au lendemain, même si tu peux toujours y poser tes valises, ce qui était ta maison n’a plus cette saveur.

- J’me sens toujours chez moi à la maison.- Tu verras le jour où tu partiras, ça arrive forcément : c’jour-là, c’est fini et tu sais que ça reviendra jamais... Un peu comme la nostalgie d’une chose qui n’existe plus et qui t’manque. Et puis, c’est p’t’être un rite de passage, va savoir, une impression que tu retrouves seulement le jour où tu réinventes ta propre maison... Tu vois c’que j’veux dire ? Pour toi, tes enfants, ta famille... Si ça s’trouve c’est un cycle, un truc dans c’genre ! Je sais pas mais cette sensation me manque... Puis peut-être qu’au fond une famille c’est ça : un groupe de gens en manque du même lieu imaginaire...

- Peut-être..."

Garden State. Un film que j'ai aimé.

Mais au fond c'est ou chez moi ?

Je ne parle pas du simple lieu ou j'habite mais de ce chez soi qui va chercher au plus profond. Les racines.

Je suis fille d'un déraciné, changement de lieu, exil dès l'enfance. Mais il y a les êtres dont on a coupé les racines et ceux qui ont refusé de les laisser pousser, ces racines. Je suis de ceux-là.

Je n'aime pas là où je suis née, là où j'ai grandi. J'aime la ville, c'est la campagne. J'aime le bruissement des vies autour de moi, le bruit, les gens, pas ce silence qui plane entre les branches des arbres et se couche dans le lit des étangs.

Entendons nous, c'est beau là ou je suis née mais, je ressens pas d'attache du cœur.

Longtemps, une fois arrivée à Paris, les lumières, les publicités, les odeurs de rue, de goudrons et de gaz d'échappement, je me sentais chez moi. D'ailleurs ça l'a été, le temps des premières études. Mais je ne ressens ça plus que partiellement. Parce que maintenant je vois d'autres choses, je suis maman.

Il y a maintenant, là où je vis, où se couchent mon amour, mes enfants. C'est chez moi. Mais c'est comme chez moi avec un petit c, et le Chez-moi alors ?

Chez moi, y aurait du soleil, des terres de Méditerranée, des citronniers et des façades un peu délabrées mais aux couleurs de lumière.

Chez moi, y aurait des gens qui se parlent, des gens qui vivent, et pas qui se contentent de leur routine de robots moderne.

Le Chez-moi ce lieu du cœur.

Mes racines, au fond, sont dans ma tête, dans mon cœur, mes souvenirs et dans mes rêves.Tissées sur fond de mémoires de mes anciens. Chez moi c'est aussi au creux de mes bras de maman, dans le sourire de mes enfants, dans le couple que je bâtis jour après jour. C'est cette nouvelle mémoire que je tisse et livrerai aux suivants.

Peut-être que les racines faut pas les chercher au commencement, peut-être qu'elles grandissent au fil de nos jours, pendant qu'on vit et dans les cœurs de nos autres.

Pas mon chez-moi géographique, un écho de cœur

Pas mon chez-moi géographique, un écho de cœur

Mon chez-moi et ses étangs

Mon chez-moi et ses étangs

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