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Publié par Claire B

Être "une mère suffisamment bonne", être une mère ordinaire

Que de fois ne cherchons nous pas à être la mère parfaite ? Celle qui pallierait à tout manque, qui connaîtrait parfaitement son enfant et ne commettrait jamais d'erreur.

Le psychologue Winicott parle, lui, de "mère suffisamment bonne". Il casse cet idéal inatteignable et qui, ne serait même pas bénéfique, au fond.

C'est quoi être une mère "suffisamment bonne" ? C'est chercher à créer "un environnement suffisamment bon". C'est tendre, dans la mesure de nos moyens, à nous adapter à bébé et à nous soucier de son être en devenir.

Être une mère suffisamment bonne c'est être une mère qui, dans un premier temps, cherche à s'adapter à son enfant, jusqu'à un état qui semblerait presque pathologique, une forme de fusion mère-enfant. Chercher à comprendre et répondre aux besoins fondamentaux de son enfant. Ce qui, je crois, est de l'ordre de la confiance en son instinct de mère, de ce lien invisible qui nous unit.

Mais cet état, pour une construction équilibrée de l'individu ne doit pas perdurer outre-mesure. L'enfant doit apprendre la désillusion, s'accoutumer à une forme de solitude pour se construire et apprendre à gérer la frustration, en gérant la séparation.

Voila qui déculpabilise, quand, comme moi, on est en plein dans la phase je laisse bébé à la crèche, adaptation et tout le tintouin.

Winicott parle également de l'importance du holding : manière de porter physiquement l'enfant. Moi qui suis convaincue du bienfait du portage, je n'en ressors que plus campée sur mes positions.

Winicott met en garde contre les méfaits d'une disparition trop précoce de l'attention accordée au jeune enfant, il parle de "deprivation", c'est-à-dire une disparition prématurée du handling (manière de s'occuper de l'enfant, soins etc.) et du holding (porter). Il met même cette "deprivation" en corrélation avec l'apparition de la délinquance.

Tout cela pour dire, nous ne sommes peut-être pas des mères parfaites. Juste des mères ordinaires. Mais nous n'en demeurons pas moins "suffisamment bonnes" pour nos enfants. Cessons de nous fixer des objectifs inatteignables qui mènent à la frustration et la déception. Nul autre résultat à rechercher que satisfaire au mieux les besoins de nos enfants.

Et, si le cap de laisser bébé chez une nounou, ou a la crèche, n'en demeure pas moins un cap peu évident, tordons le coup aux angoisses : se séparer un peu de son chérubin est une formidable opportunité pour lui de se construire et non un abandon.

Alors, toi, tu es une mère parfaite ou une mère ordinaire ?

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