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Publié par Claire B

Parfois la grossesse et son aboutissement ne sont pas tels qu'on les rêvait.

Pas une longue attente tranquille à rêver au doux visage de bébé mais plutôt une route aux multiples embûches.

Même si le bonheur est à l'arrivée, l'aventure est mouvementée.

Aujourd'hui, Aurore, a bien voulu nous raconter son expérience.

1. Peux-tu te présenter ?

Je m'appelle Aurore, j'ai 28 ans et je suis la maman de 5 enfants âgés de 6 ans à 2 mois. Actuellement en congé parental, je m'occupe de toute la "petite" tribu, ce qui n'est pas une mince affaire !!

J'aimerais rajouter qu'avant d'être en congé parental, je travaillais en tant qu'animatrice en périscolaire et que j'étudiais également à la fac en lettres modernes pour obtenir ma licence (que je n'ai jamais eu) afin de devenir instit.

Très éprouvée par ses 6 dernières années, après 5 grossesses et 5 césariennes, des accouchements prématurés, une opération de la vésicule biliaire, une anomalie cardiaque récemment révélée, je commence tout doucement à sortir d'une dépression post-partum.

En lisant mes réponses aux questions posées, vous aurez un "petit" aperçu de ce que j'ai vécu car il y aurait beaucoup de choses à dire et je passe les détails!!!

Mais si par cette expérience, quelques unes d'entre vous se retrouvent ou si elle peut aider des personnes qui se posent des questions; je serai ravie que toute cette histoire ait servie.

2. Comment se sont passées tes différentes grossesses et comment les as-tu vécu ?

Ma 1ère grossesse s'est tout d'abord très bien déroulée jusqu'à ce qu'à 30SA le 23 avril 2006, je ressente de vives contractions. Il s'en suit une hospitalisation d'un mois pour MAP (Menace d'Accouchement Prématuré). Mon col était déjà ouvert à 2 cm, c'est pourquoi je devais rester couchée. Malgré mes efforts et les médicaments pour stopper les contractions (adalate), je contractais toujours un peu.

Aide médicale :

Une sage-femme me faisait aussi de l'acupuncture pour faire retourner mon fils qui était en siège décomplété (en U). En vain.

Suivi et prise en charge :

Le 22 mai 2006, pour nos 2 ans de mariage, j'avais demandé si je pouvais sortir, exceptionnellement, j'étais à 34SA. On m'a examinée et le verdict est tombé, col ouvert à 4cm1/2. La douche froide. Tout ça en ne faisant rien!! Les médecins m'ont dit qu'ils me garderaient jusqu'au terme soit le 10 juillet 2006.

Mon ressenti :

J'en ai fait une crise de nerfs. Une sage-femme m'a calmée avec de l'acupuncture, quelques aiguilles sur les mains et une entre les deux yeux ; j'avais pas le choix, ça m'a calmée directement !!

Les 4 jours suivants ont été relativement calmes, même trop calmes.

Quand les hostilités sont lancées...

25 mai 2006, de 19h à 21h, contractions douloureuses puis cela s'arrête.

A 23h, ça recommence, de manière régulière. Toutes les 10 min. Je sonne. On me dit d'attendre minuit et de prendre le médicament, comme d'habitude.

26 mai 2006, de minuit à 1h du matin, ça ne s'arrête pas. On m'examine. Ouverture à 5cm1/2. On m'annonce que je vais accoucher...

2ème grossesse : 6 mois après la naissance de Corentin le 26 mai 2006, faille dans le préservatif et me voilà enceinte une 2ème fois le 8 décembre 2006. C'est un peu tôt, je n'ai même pas profité de mon fils.

La grossesse se déroule bien, avec les désagréments de début de grossesse, envie incessante de faire pipi, nausées matinales, grosse fatigue. En juin 2007, j'en suis à environ 27 SA, petit séjour à l'hôpital de 4 jours car rebelote, contractions et un col modifié mais tout s'est stabilisé et j'ai pu rentrer avec comme consigne de rester allongée.

Le suivi et l'organisation pour gérer le cours des choses :

Une sage-femme passait toutes les semaines pour me faire un monitoring pour voir s'il y avait des contractions. J'avais placé Corentin partout dans ma famille car je n'avais pas le droit de m'occuper de lui vu que je devais rester allongée. Cela m'a fait mal au coeur, il avait tout juste 1 an. Je n'ai pas pu aussi assister au mariage d'une de mes amies!!

Finalement, j'ai tenu jusqu'à 37SA+1jour, soit le début du 9ème mois. C'était le 11 août 2007.

3ème grossesse:

Pour le meilleur et pour le pire. 25 août 2008, nous sommes en pleine construction avec deux enfants en bas âge. Le gros oeuvre est pratiquement terminé. J'ai arrêté la pilule et je suis tombée enceinte 3 semaines après. Du coup, avec les travaux c'était assez chaud!!

Les complications arrivent...

Niveau grossesse, aucun symptôme désagréable, j'étais en forme et ce, jusqu'au bout avec une césarienne programmée à 39SA le 11 mai 2009.

Malheureusement, mon mari a fait une chute du 1er étage de notre future maison. L'hélicoptère est venu le chercher en urgence, il a frôlé la paralysie mais s'en est tiré avec des vis pour maintenir sa colonne vertébrale fissurée à 2 endroits. Je me suis retrouvée, enceinte de 2 mois, à devoir gérer mes deux enfants de 2 ans et d'un an, mon mari en convalescence qui se morfondait, le chantier et notre vie quotidienne. Je n'ai pas trop pu profiter de cette grossesse jusqu'au 9ème mois où je me suis sentie épanouie comme jamais car le plus dur était derrière nous et le déménagement était prévu pour l'été 2009.

4ème grossesse : j'ai arrêté la pilule et 10 jours après, me revoilà de nouveau enceinte. A chaque fois, ça marche très bien et pourtant je demeure toujours surprise. Nous en avions toujours voulu 4, voilà qui est fait !! La grossesse se passe assez mal, je vomis beaucoup, j'ai de grosses douleurs au dos qui me font vomir, je ne supporte que très peu d'aliments.

Suivi médical, encore des complications : A 7 SA, le médecin m'hospitalise d'urgence, je suis toute jaune, depuis une semaine. Aucun problème à l'écho abdominale (concernant le foie, le pancréas, etc.) et comme je suis enceinte, on me dit que j'ai contracté l'hépatite A sans même me faire des analyses !! Comme je suis enceinte, on ne peut rien faire. L'affaire est classée sans suite mais je vais peu manger, beaucoup vomir et toujours ces douleurs incessantes au dos. Le kiné me soulage mais il doit y avoir un problème de fond. J'avais déjà mal à un point particulier du dos, qui se coinçait souvent, avec Capucine.

Pour Capucine et Héloïse, j'ai fait du diabète gestationnel mais je me demande si ce n'est pas lié au foie car je n'en ai pas fait pour ma 5ème grossesse!!

L'accouchement :

A presque 29 SA, 8 mars 2011, carnaval. Les deux grands, déguisés, sont allés à l'école. Il est 11h, je dois bientôt les chercher. Je passe aux toilettes avec Capucine, bientôt 2 ans, qui me suit partout. Splasch !! Je perds les eaux !!! C'est trop tôt!!

Mon mari rentre vite du travail, ma BM vient garder les enfants et on part à l'hôpital, 1h de route !!! Arrivés, pas de contractions et fissure de la poche des eaux. On me dit de tenir jusqu'à 34 SA, au moins. Hospitalisée pendant 3 semaines, le matin du 31 mars sans que rien ne laisse présager ce qui va suivre, je contracte, mon col s'ouvre et je fais une infection, on doit la sortir très vite. Je suis à peine à 32 SA+1jour.

5ème grossesse : Sous tension. Suivie par la psy à cause de mes antécédents. Aide ménagère à la maison. Une maman sympa qui me ramenait les enfants à l'école et mari qui s'occupait de tout. On avait peur d'une nouvelle hospitalisation et d'un nouvel accouchement prématuré.

5ème grossesse surprise car nous n'avons pas mis le préservatif UNE seule fois !! Pas le droit aux contraceptifs hormonaux à cause de mon foie, ni au stérilet car utérus trop distendu, pas de ligature de trompes car j'avais déjà assez "morflé" !!

Du coup, mon mari a fait une vasectomie pendant que j'étais enceinte du 5ème et que je ne le savais pas. En effet, ne voyant pas mes règles venir, j'ai fait une prise de sang au labo avec un résultat négatif. Ils s'étaient plantés, il s'avère qu'on peut avoir de faux négatif les 2 premières semaines de grossesse. Du coup, 1 mois après, toujours pas de règles et toujours envie de dormir. Je précise que je ne fais de siestes qu'en étant enceinte!! J'ai fait un test de grossesse, positif!!

Passage chez le gynéco, j'étais déjà à 11SA !!

La grossesse se passe très bien à part une suspicion de placentas accreta (incrusté à mes vaisseaux sanguins, gros risque hémorragique car la délivrance doit se faire manuellement car le placentas est accroché). J'avais peur aussi d'un accouchement prématuré.

Souci médical : 33 SA, soulagée; j'ai dépassé le terme d' Héloïse mais en ce début du mois de novembre 2012, en rangeant mon linge, je fais un malaise, me rattrape au bord du lit et de grosses palpitations avec sueur abondante apparaissent. J'appelle de toute urgence ma voisine qui vient me chercher mes deux filles, les deux autres étant en vacances. Quand mon mari rentre du travail, on file au centre de périnatalité à 10 min de chez nous où je suis suivie pour ma grossesse. Le bébé n'a pas de problème mais on m'hospitalise de nouveau car les médecins ont détecté une anomalie cardiaque, sans gravité, mais qui engendre de nombreuses palpitations. Si leur nombre augmentait, on devrait m'opérer, à nouveau. J'ai appris par la suite, que c'était de famille; merci Papa de ne pas me l'avoir dit plus tôt!!

Suivi medical : Au bout de 3 jours, je rentre avec une surveillance par mon médecin traitant concernant ma tension. Je suis sous bêta bloquant, médicament qui ralentit le rythme cardiaque mais qui fait baisser ma tension.

L'accouchement : De toute manière, pas le temps de s'attarder là-dessus car quelques jours plus tard, à 34SA+4jours, je ressens les 1ères contractions de travail le 13 novembre 2012 à 1h du matin. Esteban a choisi de sortir au même terme que son frère mais ça fait de lui, un prématuré de plus !!

3. Comment se sont passés, a proprement dit, tes accouchements ?

Je n'ai pas parlé de mes accouchements mais je vais en faire un bref résumé, plutôt médical, car sinon j'aurais également des pâtés à dire là-dessus.

Corentin né à 34 SA+4jours le 26 mai 2006 par césarienne en urgence pour stagnation de dilatation à 6cm 1/2 et pour sa position en siège décomplété. Pour accélérer le travail, on devait rompre la poche des eaux mais comme il était haut dans mon ventre, Corentin aurait été entraîné avec son cordon et aurait risqué de s'étouffer.

Espérance née à 37 SA + 1 jour le 11 août 2007 par césarienne en urgence et après 33h de travail. Au moment où j'ai perdu les eaux, j'ai fait une hémorragie interne et on a dû la sortir très rapidement.

Capucine née à 39 SA le 11 mai 2009 par césarienne programmée. Après 2 césariennes, les médecins préconisent les accouchements suivants par césarienne programmée 2 semaines avant la date de terme.

Héloïse née à 32 SA + 1 jour le 31 mars 2011 par césarienne en urgence. Fissure de la poche des eaux. Travail en cours, col qui s'ouvre et infection qui s'y glisse.

Esteban né à 34 SA + 4 jours le 13 novembre 2012 par césarienne en urgence. Travail en cours, hypotension due aux médicaments pour faire arrêter les contractions, suspicion de placentas accreta.

4. Comment as-tu vécu tes grossesses et accouchements, quels stress, émotions, contraintes ?

Etrangement, pour ma 1ère grossesse, j'ai été très sereine et très confiante, peut-être trop. Je pense que moins j'en savais, moins je m'inquiétais car mon angoisse a augmenté au fil des grossesses. Normal, je savais à quoi m'attendre.

Pour ma 2nde grossesse, j'ai été un peu plus contrariée car ce n'était pas prévu, 6 mois après le 1er. Cependant, je me suis quand même sentie prête et assez vite !! Pour ces deux grossesses, j'ai travaillé jusqu'à ce que je sois hospitalisée à chaque fois. J'étais vraiment contente car le regard des gens changent autour de toi, il est un peu plus bienveillant, on t'excuse plus facilement, on ne te juge pas, tu as le droit d'avoir des boutons ou d'être plus grosse !!! C'est ce qui m'a fait du bien, c'est comme si on se sentait enfin reconnu !! On a un statut particulier!!

Et quand j'ai appris que j'attendais une fille pour cette 2ème grossesse, j'étais aux anges; j'avais tout ce que je pouvais souhaiter malgré les difficultés rencontrées. Et après ma 2ème césa, j'avais toujours espoir d'accoucher par voie basse.

Lorsque nous avons décidé d'avoir un 3ème bébé et que mon mari est tombé sur le chantier de notre maison, notre bel équilibre a volé en éclat. D'une part, les médecins m'ont bien fait comprendre qu'un accouchement par voie basse était rédhibitoire après deux césariennes et 'autre part, j'ai du tout gérer toute seule, de ma grossesse à mes enfants en passant par mon mari. Notre couple a bien failli voler en éclats mais on s'est accroché. La prochaine naissance de Capucine et la promesse d'un emménagement dans notre nouvel maison pour l'été nous ont redonnées espoir !!Heureusement, c'est mon beau-père qui s'est chargé du chantier. D'ailleurs, à ce propos, j'ai toujours pu compter sur le soutien de mes beaux-parents pour toutes mes grossesses!!!

3 et 5 (pas 3 et 6 comme j'ai pu le marquer plus haut).

4ème grossesse. Arrêt de la pilule et 10 jours après j'étais enceinte!! Comme j'étais allée jusqu'à terme avec ma 3ème grossesse, j'étais assez confiante et puis nous allions avoir notre 4ème bébé comme nous l'avions toujours souhaité!! Mis à part mes problèmes de santé énoncés plus haut, la grossesse s'est bien poursuivie jusqu'à mon hospitalisation, encore!! J'étais vraiment dégoûtée, je laissais mes 3 loulous à la maison. Et puis quand Héloïse est arrivée, trop tôt, j'ai encore dû rester à l'hôpital 3 semaines. 6 semaines sans rentrer à la maison, c'est long; il faut s'accrocher. Pour cette césarienne, tout s'est passé tellement vite que mon mari n'a même pas pu arriver à temps pour y assister. C'est ma soeur qui, par le plus grand des hasards était venue me rendre visite ce jour-là, qui a pu être avec moi!! Heureusement, j'étais comme dans un état second, j'avais du ma à réaliser qu'ils allaient la sortir tout de suite. C'était trop tôt!! Même si tout est relatif chez un préma, chaque bébé est différent!! Par exemple un bébé de 32 SA peut mieux téter qu'un bébé né à 35 SA, tout dépende de leur développement intra utéro. Mais bon, pour le "classement médical", on parle de très grand prématuré de 25 SA à 29 SA, de grand prématuré de 30 SA à 33SA et de prématuré"léger" de 34 SA à 36 SA. 37 SA étant le début du 9ème mois, c'est ok pour accoucher sans que le bébé n'ait de problème.

5. Peux-tu expliquer qu'est ce qu'il en est des bébés prématurés, qu'est ce qui change ?

Du moment où un bébé sort trop tôt, quel que soit son terme, c'est toujours une séparation déchirante. Votre enfant naît, on reconnaît son cri aussitôt sorti, un petit bisous et hop le voilà reparti !!

On vous dit qu'il va bien Mais, (ce fameux Mais qui indique que tout ne va pas si bien et qu'il ya un hic) qu'on va le mettre sous couveuse, qu'il a besoin d'aide pour respirer car ses poumons ne sont pas tout à fait mature, qu'il va avoir une sonde gastrique pour se nourrir en attendant de voir s'il est capable de téter ou non, qu'il va avoir une perfusion sur la tête pour lui donner des vitamines et des compléments alimentaires, qu'il sera branché, par le biais des capteurs, à des machines qui n'arrêteront pas de biper (souvent pour rien) à la moindre alerte, si le coeur bat trop vite ou moins vite, si sa saturation baisse, etc. Sans compter que pendant ce temps on est en salle de réveil, incapable et pas autorisé de le voir tout de suite.

Alors on se sent amputée de tout, de cette grossesse inachevée avec une impression de ne pas être allée jusqu'au bout, de n'avoir pas pu accoucher naturellement comme tout le monde et de s'être fait extirper son enfant des entrailles. Mais on a pas le droit de baisser les bras ni de se laisser abattre car le combat alors seulement commence !! A partir du moment où l'on peut se lever, le meilleur moyen pour qu'un préma progrèsse est d'être près de lui, tout le temps!! Tirer son lait pour que les puéricultrices le nourrisse via la sonde et puis essayer, jour après jour d'établir un contact avec ce petit être aussi grand que les poupons de mes filles !!!

Plus le préma prend des forces, plus il est capable de téter. Ils ont tous tétés au sein pratiquement tout de suite. Et quand les puéricultrices enlèvent la sonde car le bébé téte efficacement au moins pendant 10 min, c'est déjà une première victoire. Mais, toujours ce fameux mais, il lui arrive souvent, au moment d'une fausse route (quand il a mal déglutit ou avalé de travers), qu'il fasse un arrêt respiratoire. Il faut alors le stimuler pour qu'il reprenne son souffle, c'est très angoissant et quand on peut enfin rentrer à la maison avec son loulou, il le fera encore pendant 2 à 3mois , jusqu'à l'arrivée à son terme !!

J'ai surtout vécu ça avec Héloîse, Corentin non mais Esteban oui, à mon grand étonnement car il avait le même terme que son frère!!Comme quoi, même avec le même terme, il n'était pas aussi "terminé" que son frère"; à mon grand désarroi!! A chaque nouvel arrêt respiratoire, sa prématurité me revenait en pleine face : " Coucou, regarde Maman, je suis encore un prématuré"!!!

C'est pour ça qu'après la naissance d'Esteban, j'étais fatiguée moralement et physiquement. Ma seule consolation a été d'avoir toujours une tonne de lait, du lait que j'ai même donné au lactarium pour Corentin, Héloïse et Esteban. Il faut savoir que même en donnant le sein, un préma ne prend pas beaucoup de lait et comme il a fallu stimuler la lactation au moyen de tire-lait, on en a toujours en trop qu'il faut tirer et ça prend du temps et ça rajoute de la fatigue en plus !!

6.Quelle a été ta prise en charge à la maternité et qu'en as-tu pensé ?

Concernant la prise en charge à la maternité, je peux vous dire qu'elle a été très bonne même si c'est très médicalisé, on favorise vraiment le lien mère-enfant.

Dès qu'on le peut, on apprend à débrancher le bébé et à faire tout ses soins, le peau à peau est indispensable et quotidien, aussi longtemps qu'on le souhaite et si les conditions le permettent.

Dès que le bébé n'a plus besoin de respirateur, on peut être transféré en chambre kangourou, une chambre où nous pouvons enfin être avec notre enfant sous la surveillance de puéricultrices ou de sages femmes qui nous apprennent à nous occuper de ce tout petit être, en vue de la sortie, même si ce n'est que dans une ou 2 semaines voire 3 semaines, le temps que le bébé prenne du poids et s'alimente correctement !!

Sinon il y a toujours des chambres accompagnantes aux soins intensifs et en néo natalité.

Le corps médical se met vraiment à notre disposition pour toutes nos questions, il ne nous cache rien.

La nuit, on peut toujours aller voir notre enfant, à n'importe quelle heure, surtout si c'est pour donner le sein !!

Après le protocole n'est pas trop exigeant pour rentrer aus soins intensifs ou en néo nat', on sonne à la porte " Bonjour c'est la maman d'Héloïse" et on nous ouvre. Avant de s'approcher du bébé dans la chambre, on doit mettre une blouse, des chaussons, une charlotte (parfois pas, juste au début), un masque uniquement si nous sommes malades ou si le bébé est fragile et surtout se désinfecter les mains avant toute prise de contact.

Les grands-parents ainsi que les frères et soeurs du bébé peuvent venir le voir, 1 à 1 accompagné d'un des 2 parents. J'ai vraiment trouvé ça bien. Mes enfants avaient la possibilité de comprendre pourquoi je ne rentrais pas tout de suite à la maison, de voir le bébé venu trop tôt, de comprendre ce qu'il se passait en somme !!

7. Qu'aurais-tu à dire aux mamans dans ton cas ?

Le conseil que j'aurais à donner en tant que Maman de préma c'est de faire confiance à son enfant, c'est lui le premier qui se bat pour sa survie. La prématurité n'est pas une fatalité, beaucoup de bébés survivent de nos jours mais il y a un peu plus de paramètres à gérer. De plus, on apprend la patience, c'est une grande vertu que nous offre le rôle de maman et je dirais que plus on A d'enfants, plus on relativise et on s'arme de patience. Avec des prématurés, il faut vivre au jour le jour et profiter de l'instant présent.

Il faut se faire également confiance, on ressent des choses face à notre enfant et quand on se sent démunie face à ce genre de situation, surtout ne pas hésiter à parler. Communiquer, extérioriser nos angoisses et nos craintes, c'est également aider notre tout petit.

Ce n'est pas parce que notre enfant est né trop tôt que nous sommes une mauvaise mère et que nous avons mal fait notre travail, à savoir mener une grossesse à terme. Bien sûr, on se sent coupable avec un profond sentiment d'inachevé mais la vie est devant nous et devant lui. Ce sont toutes nos attentions, notre présence et notre amour qui façonneront ce petit être en devenir car le lien mère-enfant ne se crée pas seulement in utéro mais principalement en-dehors de nous pour un être à part entière.

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