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Publié par Claire B

Écrire libère. J'écris pour celles qui...pour toi A... Pour un chemin vers la lumière, vers un ailleurs.

Il était une fois une fille.

Comme beaucoup de son âge, elle aimait qu'on la regarde, se sentir belle. Pas de tenue plus provocante que cela. Si ce n'est ce haut noir qu'elle avait remonté au dessus de son nombril.

Elle se promenait dans Paris. Le Montmartre qu'elle aimait. Il faisait gris, le ciel était bas, d'une blancheur lourde.

Il était là et il se tenait à la rambarde. Il l'a regardé. Il lui a sourit. Il l'a suivi. Lui a attrapé la main. Ils ont parlé. Elle était un peu grisée par ce sentiment de plaire.

En même temps, elle le tenait a distance. Pas assez sans doute. Elle jouait un peu trop sur les mots.

Il était italien. Selon lui. Il était beau. Grand. Fin. Gavroche. Brun. Une cicatrice sur la joue qui lui donnait du charme. Il était mannequin. C'est ce qu'il disait.

Elle a descendu les escaliers de la butte. Un peu comme pour s'échapper.

Il la suivait. Il lui a attrapé la main. Elle a rien dit. Elle l'a suivi. Pourquoi ? Elle ne s'est pas méfiée. Elle s'en sentira responsable.

Au fond, elle croyait à une romance possible. Naïve.

Ils ont franchi le seuil d'un immeuble. Ils ont monté les escaliers de bois qui craquent.

Mansarde.

Ils sortent. Des amis.

"T'as intérêt a le gâter, c'est un invité"

Et elle dit que non, elle ne gâte personne.

Elle croit encore que rien ne peut l atteindre.

Par la petite fenêtre du couloir, les toits de Paris.

Elle a attendu dans le couloir.

Elle rentre. Une seule petite pièce exiguë.

Deux verres sur la table basse.

Orangina.

Il s'approche. Elle dit non. S'en suivent des gestes. Les corps. Elle ne dit plus rien. Elle laisse faire. Elle ne crie pas. La porte qui s'entrouvre et se referme. Une caméra qu'il saisit, posée sur l'étagère. Dommage qu'il n'y ait plus de batterie qu'il dit.

Après des allers dans les rues. On redescend vers le métro. Elle est incapable de se souvenir de son numéro de téléphone.

Elle rentre tard. Il fait nuit. Elle se souvient de quelques heures.

Une route a commencé. Une route dans une nuit dont elle mettra du temps à se dépêtrer.

Elle se sentira toujours responsable. Fautive.

Comme si elle avait provoqué.

Un jour on vient la libérer en lui parlant de "syndrome de Stockolm", ça fait du bien de poser des mots.

Mais il subsiste des brouillards passagers.

Même si on ne laisse pas l'Autre vaincre. La Vie continue. Et la Vie est belle.

Elle est ce qu'elle est avec cette histoire. Qui se reproduira encore parce qu'elle croit qu'elle mérite jusqu'au jour ou le vent a tourné.

Un amour en a amené un autre et une autre.

La vie est belle.

A... Échappes toi et cueilles ta chance

by photoserge.com

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