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Publié par Claire B

Je lisais hier un article concernant l'avis de Marcel Rufo en matière de rythmes scolaires.

Et comme une envie de dire, hep, mec, reste a ta place.

Déjà, l'avis du bonhomme en matière d'allaitement long me courait sur la rondelle. (Paraît que c'est malsain...) et voilà que le mec recommence sur un autre sujet.

Il ne comprend pas l'opposition des parents a une telle réforme mettant l'accent sur les "élèves instables".

Alors oui, Monsieur Rufo, les élèves en difficulté ont du mal avec des journées longues. Contrairement à ce que vous pensez les journées ne sont pas franchement écourtées. Chez Louloute, il quitte plus tôt d'un quart d'heure, au final. Par contre, pause méridienne de deux longues heures qui viennent considérablement écourter le temps de sieste. Coucher 14h. Lever 15h45. A peine endormi. A peine levé.

Vive la réforme pour des enfants moins fatigués.

Un enfant en difficulté, au même titre qu'un autre d'ailleurs, à besoin d'être en forme pour assimiler la somme de connaissances qu'on lui demande d'assimiler, le mercredi abroge la pause dans la semaine, d'où un temps de repos qui saute. Certains me diront que leur enfant est de toute façon levé à la même heure que les autres jours. Oui, c'est vrai. A la différence près qu'à la maison, on ne lui demande pas de se taire, d'écouter, de travailler, de partager et de supporter le bruit d'une classe souvent surchargée.

Comment un pédopsychiatre ne peut-il pas relever l'aberration d'une réforme identique pour un enfant de trois ans et un enfant de dix ans ?

Ensuite, quand Monsieur Rufo dit qu'il n'y a pas de mal à ce que les enfants de niveau général côtoient les enfants en difficulté, oui tout a fait, c'est ce qui se fait déjà. Avec ou sans réforme des rythmes scolaires. A part que dans les faits, dans une classe de trente enfants, l'enfant en grande difficulté est-il réellement épanoui et intégré, j'en doute. La réforme des rythmes scolaires ne vient pas donner un coup de baguette magique dans tout ça. Et pour que le système scolaire soit à la hauteur de ses ambitions en matière d'intégration de l'enfant en difficulté, je crois que la priorité est ailleurs, dans l'encadrement, la formation et la prise en charge de l'enfant en difficulté, justement.

Ensuite, j'adore l'idée que "o merveille nos chérubins vont apprendre l'anglais après l'école". Pour 2€.

Monsieur Rufo est-il au courant que dans bon nombre de communes, faute de moyen, on fait de la garderie en bonne et due forme ?

Les parents devraient-ils investir ? Alors oui en zone favorisée mais là ou je travaille, quand même un sac plastique devient un bien cher à récupérer, pas sur que les 2€ et l'anglais soit une priorité.

Alors, Monsieur Rufo, avant de crier monts et merveilles du haut de votre chaire, serait-il possible de venir faire un tour dans nos écoles, de cesser de tisser du mensonge et de la confusion ?

Quand on parle de réussite au bac en terminale. Parce que la réforme des rythmes scolaires visent cet objectif ? Il me semble qu'on a comme une tendance à mélanger torchons et serviettes. Statistiques et réalités du terrain.

Je m'accorde sur un point, l'école n'est pas qu'affaire de programmes. Alors pourquoi un impact aussi lourd des programmes sur nos pédagogies, qui soyons honnêtes n'est pas que fruit de nos choix pédagogiques ? Pourquoi encore une énième modification de ceux-ci puisque de toute façon l'école n'est pas qu'affaire de programmes.

Pourrait-on à un moment arrêter la langue de bois ? Faire de réels constats ? La réussite scolaire n'est elle pas favorisée par un taux d'encadrement raisonnable ? Des effectifs ne dépassant pas la trentaine (afin de justement pouvoir veiller au plus faibles). Un respect de l'école, de l'enseignement, de l'éducation, de la règle ?

Et quand Monsieur Rufo invite les parents à l'école. Croyez moi, Monsieur, ceci n'est pas forcément une mauvaise chose mais laissons le parent à sa place de parent, d'éducateur et le professeur à sa place de professeur, d'enseignant.

Oui le parent doit comprendre que l'école n'est pas strass et paillettes et je pense que c'est fait pour bon nombre mais sa place à l'école, si ce n'est dans un temps aménagé et un impact mesuré, ne remédie pas à tout.

Bref, Monsieur Marcel, en tant que psychiatre, habilité à écouter les autres, peut-être faudrait-il vous nettoyer les oreilles, parce que nous n'entendons pas tous la même musique, semblerait-il !

La réforme des rythmes scolaires, entre théorie et réalité

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