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Publié par Claire B

Ça y est, les premières contractions se faisaient enfin ressentir.

Bizarrement, la première fois, bien que j'ai attendu qu'elles surviennent depuis longtemps, je ne les ai pas reconnu ces fameuses contractions.

On allait rejoindre mon cher et tendre au café. Et bam, voilà que ça me cogne dans le dos. Une pointe. Aie ! C'est que ça fait sacrément mal. Je m'assois. En plein hiver, on ne s'assoit généralement pas sur les trottoirs mais bon, la, je peux pas.

Je me dis que j'ai du me faire mal au dos.

On va au café, on commande. Et là, voilà que ça recommence.

Bon. Je suis pas complètement naïve, je commence à comprendre.

Une dizaine de minutes me voilà par terre entrain de jouer la serpillère sur le carrelage du café. Heureusement, ce sont essentiellement des amis qui sont la. Euh ? Je crois qu'on va peut-être y aller. L'illuminé de la ville est la. Dans sa tête, a ce mec, c'est un peu la fête foraine, ça doit briller de mille feux. Il se lance dans un grand débat sur "c'est beau de donner la vie, ne t'inquiètes pas, tu es comme la vierge Marie". Une âme charitable intervient "euh, ça va aller là, hein ? Ta gueule !". Le mec se barre.

Ensuite, on rentre a la maison. Bizarre bizarre, les pointes sont moins fortes...

Briefée par mes formidables cours de préparation je préfère attendre. Je me lance dans la préparation du repas, ponctuée de courtes pauses, assise en tailleur sur le sol. Et puis, ça y est ça s'arrête. Oh bah, moi qui imaginait déjà un tête a tête avec mon bébé, va falloir attendre, semblerait que le délai de livraison soit différé.

Ce n'est que quinze jours plus tard, devant une assiette de couscous, que ça reprend.

Et ça reprend bien. Ouille aille ouille. Je fais une danse très spécifique sur ma chaise. Sans rien dire pour autant. Faudrait pas que ce soit encore une fausse alerte.

Je cours aux toilettes. Bêtement je vérifie qu'il n'y a rien qui sorte. Amies du glamour, bonsoir, en fait on quitte désormais les strass et paillettes, hein ?

Je lance l'idée a Namour que sur ce coup-ci c'est peut-être la bonne.

J'attends, armée du chronomètre.

3h du matin, on y va.

Armés des sacs on se lance a pied.

Un accouchement c'est un peu un déménagement en fait. Valise pour bébé, maman, coussin, sac a langer.

On gravit les étages. Une sage-femme adorable nous reçoit. Monito. J'ai oublié des papiers. Oups, sont sur la table de la salle a manger. Allez, chéri s'y colle, paraîtrait que je suis occupée.

"Vous devriez accoucher avant midi vu comment ça se profile."

Yahououou ! Enfin, je vais avoir bébé dans les bras.

La douleur en plus est supportable.

On me descend dans la chambre. Quand ça devient insupportable je dois sonner. Gracieusement on vire le papa, ce que j'apprécie moyennement.

Et puis, coup de théâtre. Les contractions s'arrêtent.

Il est midi. Pas de bébé dans les bras.

On me renvoie chez moi en me lançant un très averti "sans doute a ce soir !"

Je m'efforce de dormir pendant l'apres-midi. Ce périple me fatigue. Et ça y est, v´là que ça recommence.

A minuit, je me brosse les dents. On vient de rentrer de soirée après avoir décliné une invit' au resto. Les contractions ont repris mais je m'agite plus. Ça se trouve bébé bluffe.

Et là oups, comme un truc qui tombe a l'intérieur.

Je cours voir Namour.

"J'ai percé un truc, c'est bizarre !

_ Non, calme toi c'est encore une fausse alerte !"

La, mon corps comprend qu'il est temps de donner le signal, celui dont on ne peut pas douter. Et splatch, perte des eaux.

Je pense que bébé était a Aquaboulevard dans mon ventre. Impressionnant !!!

Les pompiers arrivent. Oui, on les a appelé sur ce coup-là. Souvenir de mes sacro-saints cours de préparation.

"Vous avez des contractions madame ?"

Moi, paniquée :

"Euh je sais paaaaaaaaas !

_D'accord, on va attendre que ça passe"

J'ai droit au chemin pavé pour monter a la maternité. Je peux vous dire que les pavés quand on a, en prime, la chance de prendre le tout dans les reins, c'est immonde !

Le pompier très encourageant "oh, vous le portez encore haut. C'est pas pour tout de suite."

Par pitié j'ai pas signé un contrat longue durée sur la douleur moi.

On arrive chez la sage femme. Impassible. Pas un sourire. Pas un mot non plus. Voilà qu'elle relit tout le dossier. Je tente quatre pattes, les quatre fer en l'air, la serpillère.

Direction salle d'accouchement.

Plus jamais ! Quelle idée m'a pris de vouloir un enfant !

Faut que je m'allonge sur la table et il faudrait en prime que je bouge pas. C'est possible ça ?

"La péridurale on peut l'avoir quand ?

_Si vous bougez comme ça, vous l'aurez pas."

O bonheur, je suis tombée sur la sage femme la plus compréhensive de la Terre.

Elle ne sourit pas, ne parle pas, n'encourage pas.

Heureusement, l'anesthésiste est une crème et rapidement, je revis.

Enfin on arrive au moment où il faut pousser. Fin de compte, je ne suis ni rouge, ni échevelée. Et je n'hurle pas non plus. M'aurait-on menti ?

"Poussez sur mon doigt".

Mais il est où ce doigt ?

Bien mal inspirée je me rappelle THE phrase "Poussez en contractant le périnée et sans solliciter les abdos".

Y a rien qui se passe.

L'aide soignante "c'est bien on voit des cheveux!"

La sage femme "bien loin alors !"

Et là, le couperet tombe. Forceps. Je comprends. Même si on ne m'explique strictement rien.

Je ferme les yeux. Bruit du papier qu'on déchire. Trente secondes après, bébé est la.

Je n'ai pas eu mal, au fond.

Bébé est la.

Grand bonheur !

Eden a la tête de son papa. Ma louloute..,

Je suis heureuse.

Néanmoins, mise a part ma piètre préparation, je déplore d'avoir été accouché par cette sage-femme.

La prochaine fois, parce qu'à ce moment-ci, je reconsidère la question, j'ouvrirai un peu plus ma bouche.

Alors, si vous avez la grande chance de tomber sur ce type de sage-femme, ne faites pas comme moi, affirmez vous. C'est VOTRE moment. Vous le laissez pas voler.

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