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Publié par Claire B

Parfois tout est réuni pour accueillir bébé mais il ne semble pas décidé à pointer le bout de son nez pour établir domicile dans un bidon bien chaud. Quand bébé ne vient pas tout seul, la PMA est là.

Kesako ? Procréation Médicalement Assistée ou l'aide médicale pour que bébé s'installe.

Le combat pour avoir un bébé.

Histoire de maman :

1. Peux-tu te présenter ?

Moi c'est Céline, 36 ans et 2 loulous: Romain né grâce à une FIV le 9 janvier 2004 après 4 ans de traitements et Malo né le 5 Octobre 2012 grâce à une FIV qui a marché du 1er coup.

2. Combien de temps pour les essais bébé avant de se tourner vers la médecine ?

Pour Romain, arrêt de la pilule en juin 1999.

Après 7 mois d'essai, j'ai décidé de consulter. C'est bizarre à expliquer, mais c'est comme si je "sentais" que ça n'allait pas marcher. Bien sûr, il est trop tôt pour commencer quoi que ce soit car la gyneco me dit qu'il faut en moyenne 2 ans pour commencer des investigations plus poussées.

Elle me dit de faire des courbes de températures pour, déjà, voir s'il y a ovulation ou pas... Me voilà partie pour enfiler mon thermomètre tous les matins avant de me lever!

3 mois plus tard, j'y retourne avec mes courbes, elle constate qu'il y a bien ovulation et me donne un traitement (clomid) pour booster un peu tout ça... J'étais loin de m'imaginer que c'était le début d'une longue série...

3 mois après toujours rien... 13 mois d'essai... On commence les examens plus poussés: prise de sang, clomid, utogestan pour aider la nidation, calcul de l'ovulation, spermogramme pour mon ex-mari ....

Les mois passent vite et toujours rien...

Au bout de 2 ans, enfin on considère qu'il y a un problème d'infertilité, reste à savoir d'où ça vient.

On commence par une hysterographie: radio des trompes pour voir si elles ne sont pas bouchées (examen très douloureux), rien de ce côté-là...

Puis vient le test de Huner, pour savoir si avec mon ex-mari nous sommes compatibles. Le principe est simple : avoir un rapport sur commande en période d'ovulation et dans les 12 heures se rendre à l'hopital afin de faire un prélèvement pour constater comment se comporte les spermatozoides au bout de 24 et 48 heures...

Les résultats montrent une légère incompatibilité : moins de spermatozoides vivants au bout de 48 heures mais il y en a quand même donc je peux être enceinte... Oui, mais je ne le suis toujours pas... Le gynéco m'oriente alors auprès de spécialistes de l'infertilité à l'institut Rhonalpin.

Après avoir rencontré le gynéco qui s'occupe des stimulatons et inséminations et, au vue des résultats de tous les examens qui ne révèlent aucun problème, on commence les stimulations : 1 piqure tous les soirs avec contrôle par prise de sang et echographie quasiment tous les jours pour contrôler la maturité folliculaire et piqure de déclenchement pour provoquer l'ovulation avec calins pendant 48 heures...

Après quelques mois sans succès, le gynéco conclut à une "infertilité inexpliquée" et m'envoie chez son collègue pour attaquer directement les FIV car les inséminations artificielles ne me garantissent guère plus de succès.. Il nous aura fallu 2 FIV et 2 transferts d'embryon congelés pour que ça marche en 2003, 4 ans après l'arrêt de ma pilule que je n'ai jamais repris depuis...

Pour Malo, début des essais en decembre 2009 et j'ai revu le gyneco qui m'avait fait la FIV en octobre 2011, soit, après presque 2 ans d'essai.

L'avantage est qu'il a repris mon dossier et ça m'a évité de refaire tous les examens sauf prise de sang et spermogramme puisque nouveau mari.

J'ai oublié de mentionner que j'ai eu un suivi psychologique par une psy du centre à un moment où je ne vivais que pour ça, où ca me bouffait, où ça a bouffé mon couple.

Mon ex-mari a voulu d'ailleurs tout arrêté pour que l'on se retrouve.

3. Comment se sent-on quand les essais bébé ne marchent pas ?

Un seul mot "déception"...

Une attente interminable surtout lorsque c'est inexpliqué: tout va bien mais ça ne marche pas.

Des larmes quand les règles surviennent, à chaque fois que l'on apprend une grossesse...

Je n'arrêtais pas de me dire que je n'arrivais pas à faire la chose la plus simple au monde: être enceinte...

La peur de ne jamais y arriver, d'imaginer sa vie sans enfant...

Le couple doit aussi être solide car dans mon cas je ne vivais que pour et par ça. J'ai oublié mon couple dans l'histoire sans compter qu'avec les traitements il n'y a plus vraiment de spontanéité dans les rapports intimes, tout est forcé.

4. Une fois tombée enceinte, a-t-on plus d'angoisses ou non ?

Une fois enceinte de Romain, j'avais 27 ans, j'étais sur mon petit nuage, rien ne pouvait m'atteindre, aucune angoisse, une grossesse de rêve.

Pour Malo par contre, j'ai été angoissée dès le début : peut-être l'âge, le fait que ça ait marché du 1er coup, je me suis dit que c'était trop beau pour être vrai. Du coup, j'ai vécu cette grossesse dans l'angoisse qu'il arrive quelque chose, à l'affût de tout, alors que dans l'ensemble tout s'est bien passé.

5. Au final, qu'as-tu pensé de cette aventure et du personnel médical qui t'a accompagné ?

Y aurait-il des améliorations à apporter ?

C'est une aventure éprouvante tant psychologiquement que physiquement (les piqures quotidiennes, prise de sang, echographie, ls prélèvements de sperme..).

Cette aventure a été, en partie, la cause de la séparation d'avec le papa de Romain, qui, m'a avoué qu'il avait mal vécu tout ça mais ne me l'avait jamais dit. Je ne l'avais pas vu, trop concentrée sur mes traitements, d'où l'importance d'une communication dans le couple.

Avec Fabrice, mon compagnon actuel, j'avais tout expliqué de A à Z, il l'a pris avec philosophie, humour notamment quand il s'est agi de donner son sperme devant des posters et autres revues sexy (!) et surtout il m'a soutenu pendant le traitement.

Le personnel médical de l'institut rhonalpin est extra: professionnel, à l'écoute, rassurant, à la disposition des patients avec un suivi pendant les 7 premiers de grossesse, avec echographie à chaque fois.

Même maintenant je leur envoie une photos des enfants et je reçois toujours une réponse...

Chaque étape des traitements nous a été expliqué, avec les avantages et les inconvénients, et la décision nous appartient toujours: par exemple pour Malo, on m'appelle après la ponction des ovules pour me dire que j'ai obtenu 12 embryons, ce qui est un très bon résultat et que, vu que ma capacité d'implantation est bonne, on me propose d'implanter 1 seul embryon au lieu de 2 initialement prévus car, vu mon âge, une grossesse gémellaire serait fatiguante, dangereuse etc...mais que la décision m'appartient : j'ai malgré tout choisi d'en implanter 2 et on ne m'a pas forcé la main...

6. Qu'as-tu envie de dire aux mamans qui passent par là ?

Il faut être forte: les traitements sont difficiles, tant physiquement que psychologiquement. Notamment au niveau de l'attente, de l'espoir et de la déception.

Essayer de ne pas penser qu'à ç a: pour Malo je me suis dit: "ca va être long mais ça va marcher", résultat ça a effectivement marché du 1er coup.

Ne pas vivre que pour et par ça, ne pas s'oublier, ni oublier son couple et son conjoint. Cette aventure se vit à 2 et ce n'est pas parce que monsieur ne dit rien qu'il le vit forcément mieux.

Faire confiance à l'équipe médicale car eux seuls savent ce qui est bien: alors oui on n'est pas contente quand on "loupe" un mois mais ils savent ce qu'ils font.

Et surtout s'armer de patience car malgré les espoirs, les désillusions et les déceptions le jeu en vaut la chandelle et vous oubliez tout quand votre petit bout est bien installé dans votre bidou et plus tard dans vos bras.... Et finalement pour moi ce combat est une fierté, un combat pour donner la vie, quoi de plus noble?

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Alice in PMA Land 24/07/2013 14:50

Merci Claire pour ce témoignage de ton amie.
Nous sommes de plus en plus nombreux et nombreuses à être dans cette situation de ne pas pouvoir concevoir naturellement.
Que ton blog de Maman Fertile (si tu me pardonnes l'expression) traite de la PMA je trouve ça honorable.
Je t'embrasse
Alice, Maman dans son coeur mais pas encore dans son corps.

Stéphanie 30/01/2013 13:22

J'ai l'impression de lire ma propre histoire (moi aussi infertilité inexpliquée). Et en effet il faut que le couple soit très fort pour surmonter cette épreuve. Nous après 5 ans de traitement (en tout on m'a transféré 13 embryons), les médecins ne savaient plus quoi nous dire. On partait pour des dons de sperme ou d'ovule, ou l'adoption (on commençait à en parler). Nous avons également consulté une psy après l'échec de la dernière FIV en octobre 2011. Elle nous a redonné confiance dans notre couple (un peu oublié pendant ces 5 années), et j'ai commencé les test d'ovulation. Et en janvier 2012 alors qu'on y croyait plus je suis tombée enceinte sans l'aide de la médecine. Et aujourd'hui notre puce est le plus beau cadeau qu'on ai eu depuis notre rencontre.

Céline 30/01/2013 17:03

Oui Stephanie le suivi psychologique est important surtout si les traitements durent longtemps

amandine 30/01/2013 12:37

tu as eu bcp de courage celine..tu peux etre fier ac tes deux fistons...g une amie qui doit rentrer en pma je vais lui faire lire ton interview