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Publié par Claire B

Souvenirs en boîte...

"- Y’a ce moment dans ta vie, tu sais, où tu t’rends compte que tu t’sens plus vraiment chez toi dans la maison où t’as grandi. Du jour au lendemain, même si tu peux toujours y poser tes valises, ce qui était ta maison n’a plus cette saveur.
- J’me sens toujours chez moi à la maison.
- Tu verras le jour où tu partiras, ça arrive forcément : c’jour-là, c’est fini et tu sais que ça reviendra jamais... Un peu comme la nostalgie d’une chose qui n’existe plus et qui t’manque. Et puis, c’est p’t’être un rite de passage, va savoir, une impression que tu retrouves seulement le jour où tu réinventes ta propre maison... Tu vois c’que j’veux dire ? Pour toi, tes enfants, ta famille... Si ça s’trouve c’est un cycle, un truc dans c’genre ! Je sais pas mais cette sensation me manque... Puis peut-être qu’au fond une famille c’est ça : un groupe de gens en manque du même lieu imaginaire...
- Peut-être..."

Garden State, Andrew et Sam.

Hier, je fouillais dans mon ancienne chambre. A la recherche d'une lettre avant tout.

Mais forcément celle-ci est restée introuvable.

Néanmoins j'ai retrouvé mille et uns souvenirs.

Le petit carnet de recettes de sorcières. Celui que ma tante m'avait offert. Enfant. Avec la baguette magique pleine de paillettes et d'étoiles et le livre "pour reconnaître une vraie sorcière".

Les petits courriers de mes tantes. Les tutus. Les maquillages. Et les séances photos.

Les cinémas, les restaurants. Magie d'être la première nièce, chérie et choyée.

Ensuite les lettres d'adolescentes. Les photos de vacances. De colonies. Les mille et un surnoms. Les enveloppes bariolées.

Les lettres où on se disait pas grand chose, où l'on s'échangeait des calculs savants pour savoir si entre telle et telle personne ce serait ou non l'amour fou. Autant dire combien c'était édifiant.

Puis les nouvelles écrites et échangées. Les projets d'écriture qui glissaient vers du n'importe quoi par manque de cohérence.

Les photos des voyages scolaires, Londres...puis Rome.

Retrouver les journaux de l'époque. Cet amour fou qu'on fantasmait, pas encore sortie de l'enfance. Et puis la gravité qui s'insinue au fil du temps. Les rencontres. Paris.

Les premières amours. Les vraies. Se redécouvrir moins innocente que je ne l'aurais supposé, au gré des bribes de mots.

Les lettres de mes parents. Enveloppes que je ne peux ouvrir. Vestiges d'un temps que je préfère désormais laisser au tiroir.

Temps ou je n'étais pas celle qu'ils attendaient, ou mes choix et la vie nous tailladaient le cœur aux uns aux autres. Temps des secrets. Des blessures. De l'incompréhension. Des larmes que je ne veux plus ressortir.

Je dis ça sans ressentiment. Mes parents sont, ô combien, des parents formidables. Mais grandir ne se fait pas toujours sans mal.

Et pas envie de raviver le feu des cicatrices....

Les dessins, les rêves, les mots, les carnets de notes. Le temps dans les boîtes m'a laissé un sourire aux lèvres.

Je pense aux boîtes à souvenirs de Louloute et Chaperon Rouge qui se remplissent au gré des jours et imaginent leur découverte. Un jour. Mais pas trop vite....

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