Pour les parents et les autres, les découvertes et conseils d’une maman mais aussi d’une prof des écoles.
10 Juin 2013
Alors, écrire un article pour faire l apologie de la fessée serait une idée bien saugrenue.
Mais, ma foi, la fessée est une question qui revient plus que fréquemment dans nos caboches de mamans.
Bien ? Pas bien ?
Halte aux clichés. Voilà le maître mot.
Je suis une mère qui donne des fessées. C'est le moment ou certaines vont prendre des cailloux avec des envies de meurtre.
Mais voilà, c'est dit.
Je suis adepte du maternage mais néanmoins la fessée est quelque chose qui se fait, ici, chez moi. Avec Louloute du moins, parce que bon ma Chaperonette du haut de ses 8 mois, on y pense pas.
Les lois anti-fessée me révoltent. Avoir besoin de légiférer sur ce qui pour moi est de l'ordre d'un positionnement strictement personnel, je trouve ça dingue.
Je ne donne pas la fessée pour faire mal, gratuitement. Pour moi la violence c'est justement quelque chose de gratuit qui sort de derrière les bosquets sans crier gare. Pas un acte borné et mûrement réfléchi.
Je ne donne pas la fessée sous le coup de l'énervement. Comme pour me soulager d'une pulsion. La fessée arrive après que Louloute ait été prévenu.
Je n'use pas de la fessée pour faire peur. Fort heureusement, je suis dotée d'une bouche, mon fils aussi, mais en prime on a quatre oreilles à nous deux : la fessée ok, mais on en parle avant (je préviens) et après, et on s'écoute. "Pourquoi ai-je donné une fessée ?" Et Louloute sait très bien, quand il a poussé jusqu'au bout, reconnaître que s'il y a eu fessée c'est parce qu'il est allé trop loin.
Je n'éprouve pas de plaisir a la chose. Je n'aime pas entendre mon enfant pleurer. Mais, au même titre que je n'apprécie pas particulièrement m'opposer a mon enfant. Néanmoins, éviter la frustration ou le pleur (pour l'enfant, pas pour le bébé, hein ?) n'est pas pour moi synonyme d'apprentissage.
La fessée, c'est pas tout le temps, mon enfant ne devient pas pour autant violent ou encore ne souffre pas de troubles comportementaux quelconques. Je ne banalise pas la "violence" en donnant une fessée. Je montre simplement qu'il est des limites qu'on outrepasse pas quand on est un enfant (quand on est adulte aussi mais malheureusement paraît qu'on a pas le droit de donner la fessée à ceux qui nous gonflent, dommage) Point barre. Et, si on franchit la limite, il y a conséquence. Parce que oui, il me semble important d'apprendre a nos chérubins la portée de nos actes.
Il peut arriver d'avoir donner une fessée et puis de se dire qu'au final on a pas pris la bonne décision. Mais dans ce cas, comme quand on a merdouillé avec un adulte, on s'excuse auprès de notre enfant. Apprendre le pardon c'est aussi une démarche qui me semble pas inutile.
Je trouve que, oui, on peut recourir à la parole autant que nécessaire mais que parfois ça ne suffit pas. Qu'un enfant a parfois besoin de limites franches et massives. Que la parole pour expliquer, oui, mais pour punir, bah...
Après je ne dis pas qu'il faille ou non mettre une fessée. Chaque parent devrait faire fonction de ce qu'il ressent mais je trouve que bien souvent on tient des discours complètement extrêmes sur la pratique.
Et, j'avoue, je trouve que l'enfant doit rester à sa place d'enfant. Non pas dans une soumission ou une infériorité quelconque, certes. Mais l'enfant ne sait pas tout, n'a pas toujours raison et n'est pas toujours une petite chose fragile. Il est parfois tout à fait capable de comprendre et de faire le choix d'aller au bout de sa bêtise ou non. Et dans ce cas le confronter à la sanction ne me semble pas forcément une mauvaise chose.
D'ailleurs, je crois qu'une fessée peut être un acte d'amour. Souhaiter poser des bases a son enfant pour lui donner le cadre nécessaire a sa construction.
Alors, qui qui me jettera des cailloux ?