Pour les parents et les autres, les découvertes et conseils d’une maman mais aussi d’une prof des écoles.
18 Mai 2013
Qui n'a pas entendu cette fameuse théorie du "laisse le pleurer" ?
Et bien pour moi, c'est impossible. Impossible comment ? Impossible pourquoi ?
Déjà, je fais la différence entre laisser chouiner et laisser pleurer. Et puis laisser pleurer en journée, le temps que mes bras soient libres pour un câlin, c'est moins anxiogène.
Je parle de cette fameuse technique visant à l'acquisition du dodo.
Déjà, je suis pas bien convaincue du truc quand je lis que l'enfant arrête de pleurer non pas parce qu'il a compris mais parce qu'il se résigne, "papa et maman m'écoutent pas". Envoyer si petit le signal "mon coco, tu peux te brosser pour que je t'écoute..." mouais...
Bon, forcément, c'est un avis purement subjectif. J'aime pas faire de "l'ayatollisme". Si on est convaincu de sa méthode et qu'on le fait avec amour, soit...
Mais pour moi, adepte du maternage, je pense que bébé a besoin de la proximité avec l'adulte et dans les premiers temps avec sa maman, autant que faire se peut. Bah oui, il largue les amarres au bout de 9 mois mais pas pour autant qu'il est encore prêt pour la grande traversée en solitaire.
En Afrique, l'enfant porté en permanence par un adulte (ou une grande sœur) est un enfant sécurisé et il est prouvé par des études anthropologiques que ce sont des enfants qui pleurent très peu. Parfois, il est bon de sortir de notre carcan occidental.
On en vient donc au cododo. Il est pratiqué dans bon nombre de cultures (on ne parle pas forcément du partage du lit parental mais de la chambre). Je trouve que notre société moderne a parfois tendance à diaboliser des pratiques bien naturelles, comme pour toujours plus s'éloigner des origines (c'est ça l'évolution ?).
Subjectif, je sais. Mais j'en reste néanmoins convaincue.
Ceci étant, je ne dis pas non plus qu'il ne faille pas apprendre à bébé a dormir seul parce que bien malheureusement, l'interaction permanente avec l'adulte, dans le monde actuel, c'est une chimère (en même temps, une puer' par enfant en crèche ça couterait un bras !)
Donc, revenons en a nos moutons, je ne supporte pas de laisser pleurer. Une fois la nuit venue, cette fameuse nuit.
Ma Chaperonette commence, je crois, a réaliser la disparition de maman, cette fameuse angoisse de la séparation.
Je la pose dans son lit, elle pleure, je la reprends elle se calme mais refuse de téter et se cambre, et s'en suivent des allers-retours lit/bras.
Entre temps, je ne la laisse pas pleurer plus de quelques minutes. Mais ces quelques minutes m'ont semblé une éternité hier soir (on parle de 2-3 minutes).
Je suis convaincue qu'il faut également apprendre les limites a l'enfant mais quand celui-ci est déjà confronté à ses propres limites ? Parce qu'au final, prise par l'envie de lui apprendre hier, j'ai oublié le bobo des dents et l'angoisse que maman parte.
En fait, j'ai laissé pleurer pour laisser pleurer. Du coup, étape 2, j'ai culpabilisé.
D'où, mon article.
En fait je crois que laisser pleurer, un bref instant, en restant présent et serein, convaincu de son amour pour son enfant, c'est une chose (que j'ai tout de même du mal a faire mais on en revient plutôt à mes angoisses personnelles d'abandon, je pense), laisser pleurer pour lui apprendre à ce petit loup, convaincue de sa méthode et du moule dans lequel faire entrer l'enfant c'en est une autre (et, prise par cette envie de bien-faire pas particulièrement bien placée, je suis tombée dedans hier soir).
Donc, laisser pleurer, avec tous les bons discours des amis et membres de la famille derrière, c'est pour moi, tomber dans une culpabilité et plus une technique de dressage qu'une méthode d'éducation.
Et vous, vous laissez pleurer ?