Pour les parents et les autres, les découvertes et conseils d’une maman mais aussi d’une prof des écoles.
29 Septembre 2014
Ce midi, je vais chercher Louloute.
Louloute sort.
La mine renfrognée.
Je me baisse, donc, pour lui demander ce qui ne va pas. Oui, parce que s'abaisser au niveau de l'enfant fait partie des préceptes de base pour établir le contact. Au même titre qu'on ne parle pas a quelqu'un avec une distance de 500m ou le dos tourné.
"C'est pas juste" me dit-il. Je sens que les larmes ne sont pas bien loin.
La maîtresse sort m'expliquer qu'il vient d'être grondé. Il a dit à une camarade de sortir avant que la maîtresse ne l'appelle.
Je réponds que "pas de soucis". Et puis je veux m'entretenir avec Louloute mais voilà qu'il file d'un pas décidé. Je lui donne deux secondes pour revenir et assène un "bonhomme rouge" le voyant filer.
Louloute pleure. Devais-je accepter sa contrariété et la laisser passer avant de chercher à en parler ? Je crois oui. Mais voilà on ne réagit pas toujours au mieux.
Je réajuste donc et m'asseois sur le muret en attendant que ça passe.
Ca finit par passer. Louloute se calme et m'explique.
Il n'a pas dit à N... de sortir. Il lui a montré son papa et son frère. La maîtresse l'a inscrit sur le tableau, il n'a pas le droit aux vélos demain à la récré.
Et là, moi, maman à double casquette (maman et maîtresse) justement, je suis tout chose.
Déjà parce qu'en temps que maman j'ai du mal avec le fait de déléguer mon autorité à quelqu'un que je n'ai pas choisi, que je n'affectionne pas forcément.
Puis, parce qu'en temps que maîtresse cette fois-ci je m'interroge sur ce principe de sanction...
Je ne dis pas qu'il faille tout laisser passer. Moi-même j'ai établi des règles dans ma classe et une météo du comportement qui, selon, l'état de l'enfant lui permet d'accéder aux différents espaces jeux et autres.
Mais ce qui m'interpelle c'est le fait de punir sans chercher à comprendre, ou sans chercher à expliquer.
Ceci étant la maîtresse prise de cours au moment de la sortie, n'en a peut-être pas eu l'occasion.
Pour moi, punir ne sert à rien si l'enfant a le sentiment d'injustice. Si sentiment d'injustice est ressenti, c'est que bien souvent manque d'explications il y a, ou de compréhension des règles.
Je n'ai pas de mal avec le principe que Louloute doive se soumettre à des règles, ainsi va la vie, mais j'ai du mal avec le sentiment qu'il est puni sans en comprendre le pourquoi du comment.
Plus loin, je m'interroge moi maman et moi, maîtresse, sur ce qu'est la bêtise. Et je suis assez d'accord avec l'idée que la bêtise ou l'erreur scolaire nait de l'incompréhension. Je trouve, à titre personnel que notre systeme est bien souvent un broyeur : d'émotions, de pensées, de personnes.
La bêtise est un passage inéluctable pour grandir. Faire faux, c'est justement (dans la mesure où l'on ne se met pas en danger) une occasion d'apprendre ce qu'on devrait faire pour faire mieux et donc, ne plus faire faux.
Je suis donc toute chose en constatant les défauts de dialogue de notre école, d'autant plus quand, pour la première fois mon enfant en fait les frais...
Je ne veux pas être dans un soutien inconditionnel de ma progéniture, mais pour moi sans dialogue, une punition est vaine. Et je ne parle pas de ces dialogues de sourds qu'on peut mener, nous, adultes, face à un enfant. Convaincus de notre supériorité. Oui nous détenons des savoirs inconnus par le plus petit mais ils ne nous donnent pas le droit pour autant de ne pas écouter ce que celui-ci a à nous dire, pour justifier son acte, à juste titre ou non.
Nous adultes, bien que coupable, donnons la parole à un accusé lors de son jugement, non ? (Même si je suis bien d'accord que la comparaison est extrême hein ?)
Et vous, quel est votre façon de réagir face aux bêtises à l'école.